Petite reflexion sur les déchets radioactives

6 février 2012 par admin Laisser une réponse »

Qu’on soit pro ou anti-nucléaire, nous avons quoi qu’il en soit un souci à gérer, même si du jour au lendemain nous précipitons notre civilisation dans l’âge de bronze en supprimant notre capacité d’électricité nucléaire, ou même qu’on remplace nos centrales classiques intégralement par des centrales au Thorium ou par des centrales de fusion : Que faisons-nous avec les déchets existants ?

Sans aller dans la discussion de la sortie du nucléaire (qu’il va falloir faire un jour car même l’uranium va un jour pas si lointain, venir à manquer), qu’est ce qu’on fait de tout ce qu’on a produit et qu’est ce que cela va nous poser comme soucis ?

Plusieurs solutions existent pour gérer les dangers des produits hautement radioactives que l’humanité a pu produire, à des fins civiles et militaires, pour l’électricité, pour la médecine et pour l’armement. Le souci c’est que produire même des produits pour la médecine nécessite malheureusement la production de petites quantités de produits qui pourront être dangereux pendant… 100 000 ans…

Plusieurs solutions ont été envisagées, les plus intéressantes sont le lancement des déchets dans le soleil (le soleil étant déjà hautement radioactive) ou vers des galaxies lointaines (le temps que ça arrive, toute radioactivité aurait « évaoporé »). Le souci est double : Il y a, aujourd’hui, plus de 250 000 tonnes de déchets, allant du hautement radioactive à des déchets mineurs (comme les blouses et surchausses de médecine nucléaire pas vraiment contaminé mais on le jette quand même). Si un lanceur peut envoyer 10 tonnes de déchets à la fois, cela représente 25 000 lancements… et l’autre souci c’est qu’aucun de ces 25 000 lancements a le droit d’exploser sur le pas de dire ou se crasher pendant le lancement car 10 quelques tonnes de carburant nucléaire va faire tout aussi mal que Tchernobyl…

Il nous reste l’enfouissement profond. Plusieurs pays travaillent dans ce but, en creusant des galléries profondes dans les sols réputés géologiquement stables et étanches. Le plus ambitieux est le centre de stockage d’Onkalo en Finlande, démarée dans les années 1990, avec un fin dans les 2200, mais il y a aussi le chantier suspendu de Yucca Flats aux US et le centre de Bure dans la Meuse.

Le fait d’enfouir les déchets dans un sol stable depuis des millions d’années – voir même des milliards d’années dans le cas du basalte d’Onkalo pour protégér l’humanité des déchets dangereuses est une chose, car aucune structure bâtie par l’homme n’a résistée plus de 10 000 ans, les pyramides sont dégradées après à peine 5000, mais nous devons construire un site de stockage qui peut résister – en bon état – une période de temps 20 fois plus longue, mais la durée de la construction n’est pas la seule contrainte, car il reste autre problème peut être même plus important que le confinement : Comment signaler ces déchets ?

Un dessin vaut mieux qu’un long discours :


Echelle de temps sur 100 000 ans
Est ce qu’il restera quelque chose qui se souviendra de notre culture dans 100 000 ans ?
A savoir donc : En 4500 ans , nous avons perdu le signification des hiéroglyphes égyptiens, puis nous avons retrouvé le signification d’une partie. Pas tout. Des langues dominantes se sont venues et s’en sont allées, avec les connaissances et technologies afférantes. La république Grèque tombée. l’Empire romain tout autant. La Bibliothèque d’Alexandrie avec toute la connaissance de cet époque, partie en flammes selon les envies politiques et réligueuse de l’époque. Quelles connaissances avons-nous – nous l’humanité – perdues pendant ces 4500 années ?

Pour pousser le bouchon encore plus loin, combien d’hommes aujourd’hui parlent le néanderthalien ? Ca ne fait que 28 000 ans que le dernier s’est éteint.

La question, simple mais terriblement compliquée, avec tout ce qui en découle, est la suivante : Que restera de notre culture et nos connaissances dans 100 000 ans ?

Est ce qu’il subsistera une seule langue reconnue des nations unies d’aujourd’hui ? 4500 ans après les pyramides, nous ne savons pas la signification de toutes les symboles qu’on appelle hieroglyphe. Est ce que sur une période 20 fois plus longue, l’humanité (s’il existe encore) comprendra ce qu’est que le tréfeuille ?


Lozange radioactive

Aujourd’hui nous savons ce que c’est. Et dans 100 000 ans ? Même d’ici 5000 ?

Il y aura des guerres, il y aura des changements de climat. Il y aura même très probablement un, peut être deux ages de glace qui vont passer. Est ce que l’humanité sera encore là ? Dans quel état ? Une civilisation avancée comprenant qu’il ne faut pas déranger ces sites ? Une civilisation qui aura tout perdu et qui se reconstruit qui découvre et qui se demande si ces sites sont des vestiges religieux, que nos symboles sont des glyphes fait pour protéger du mauvais sort et que les gens qui y meurent sont victimes d’une malédiction des dieux qu’on a dérangé, tout comme les mythes entourant les pyramides il y a à peine 100 ans ?

Serait-il mieux tout simplement d’enfouir ces sites mortels et qu’on les oublie, en espérant que tout explorateur, pilleur ou exploitant minier dans peut être 20 000 qui retrouve par hasard ce site soit assez intelligent pour ne pas aller jusqu’au bout ? Si nous trouvions un tel site aujourd’hui pas certain qu’on y prête attention avant que ce soit trop tard…

En tout cas c’est une question très intéressant. Nous ne pouvons pas prédire l’avenir et nous ne pouvons même pas être certain d’avertir l’humanité dans cet avenir.

Une seule chose est certain. Même si nous aurions quitté la vie depuis longtemps, ainsi que nos enfants, et leurs enfants, et leurs petits et petits-petits enfants, nos déchets d’aujourd’hui seront à peine moins mortels pour eux qu’ils ont pu être pour nous, et la question a donc la grande mérite d’être posée.

  1. Patricia dit :

    J’ai regardé aujourd’hui le reportage « into eternity » et je n’arrive pas à comprendre la bétise humaine… surtout que ces sites vont se multiplier…. On ne parle pas de 100 ans, mais de milliers d’années… La curiosité humaine est plus forte que tout… bien sûr que les civilisations futures tomberont un jour sur ces sites enfouis et les ouvriront… comment peut on être si égoiste !

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