J’étais outré par une phrase dans un interview dans le journal « Le Parisien », qu’un passant dit « je veux bien être écolo et sortir du nucléaire »….
Juste pour rappel, une grande générateur éolienne peut fournir 1 à 3 mégawatts par heure. Nous allons être généreux et dire 3.
Pour comparer, la centrale nucléaire de Fessenheim, la puissance nominal du réacteur permet de générer 900 mégawatts par heure. Et Fessenheim a 2 réacteurs. 1800 Mw/h donc en tout.
1800 / 3 = 600… Remplacer Fessenheim nécessitera donc 600 grandes éoliennes fonctionnant en permanence (même quand il y a pas de vent, car sinon, pas de vent, pas d’énergie…).
Bon, alors, le solaire ? Mise à part le coût exorbitant des panneaux et le fait qu’ils ne fonctionnent pas la nuit, et mal par temps couvert ou en hiver (soleil trop bas sur l’horizon pour une exposition efficace), les meilleurs panneaux solaires ont une efficacité maximale de 140 watts par mètre carré.
Reprenons donc notre exemple de Fessenheim : 1800 Mw/h = 1 800 000 000 watts/heure. 1 800 000 000 / 140 = 12 857 142
Il faudrait dans ce cas, presque 13 millions de mètres carrés de surface, avec un ensoleillement optimum, produire autant d’électricité que Fessenheim: Cette surface est plus grande que la région Ile de France (et ne produit rien la nuit…)
Donc ceci pour remplacer 2 réacteurs asssez anciennes…
La consommation annuelle de la France en 2010 selon RTE était de 488 Terawatts, soit en moyenne 55 gigawatts par heure. La centrale de Fessenheim a donc contribué à environ 4% de la consommation électrique du pays… Donc il faudrait installer 15 000 éoliennes fonctionnant en permanence, ou l’équivalent de 50 000 km² de panneaux solaires (toute l’Aquitaine et tout le Limousin…).
Le souci c’est que le soleil ne brille pas tout le temps et le vent ne souffle pas tout le temps non plus. Il reste l’hydraulique…. Mais l’installation des barrages implique l’innondation des vallées , habités ou protégés. Les installations maréemotrices ont des effets sur le les marées – et même sur la vitesse de la rotation de la terre, et la fusion n’est pas pour demain : on en est seulement à la construction des réacteurs d’essais permettant de génerer de l’énergie que pendant quelques secondes, et l’énergie en permanence n’est même pas à l’ordre du jour !
Donc en sachant tout ça, quelles solutions à l’arrêt immédiat du nucléaire en France ? La création et exploitation des centrales à gaz, à pétrole et au charbon. Et oui, la seule solution pratique et immédiate à l’arrêt du nucléaire c’est une activité super polluante utilisant des ressources non renouvelables !
Aujourd’hui pourtant, des solutions, nucléaires plus sécurisants existent que les systèmes sous pression. La revue Science et Vie a proposé des solutions de réacteurs à base de sels fondus infiniment plus stables que leurs homologues à eau bouillante, et qui produisent moins de déchets – mais leur mise en oeuvre coûte plus cher qu’un réacteur à vapeur. (ces réacteurs sont cependant utilisés à des fins militaires du fait de leur maintenance simplifié et stabilité).
Est ce que l’avenir passe par les sels fondus ? Peut être bien… C’est une solution bien plus stable et facile à gérer que les énergies renouvelables, en attendant de mettre en place la fusion… ou enfin, si Nicola Tesla disait vrai il y a 80 ans, redécouvrir comment tirer l’énergie de l’air….
Dans tous les cas de figure, nous ne sommes pas sortis des débats et disputes… pourtant, ça urge…