Au début il y a la matière
Tout ce qui nous entour est constitué de matière : des composés d’atomes arrangés et reliés dans des formes plus ou moins complèxes. L’air que l’on respire, le bois, le métal…. et sans action extérieur, le plupart de ces matières ne pourront pas se décomposer ou se dégrader. (Le bois pourrit seulement quand il est attaqué par des bactéries. L’acier rouille quand il est exposé à l’air et à l’eau, le sucre fond quand vous le mettez dans le café). Cette dégradation est provoqué donc par des facteurs externes à la matière en question.
Penser au sucre…
Attention, j’ai bien dit le plupart, car il y a des produits qui n’ont pas besoin d’intervention d’un agent externe pour se désagréger. Ce sont des matières radioactives.
Les matières radioactives, sont comme tous les autres matières, constitué d’atomes, eux mêmes constitués d’électrons, neutrons, quarks, gluons, mesons et tout un tas d’autres particules dites « sous-atomiques ».
Une atome radioactive se désagrège tout seul en « perdant » des de particules qui la composent :
- Neutrons et protons pour les particules alpha,
- Electrons et positrons pour les particules bêta
- Des photons émises par le noyau de l’atome pour le rayonnement gamma.
En effet, les atomes radioactives sont instables, et rejettent ces particules, plus ou moins rapidement pour se stabiliser. Pensez à une roue de voiture : elle est stable car on rajoute des poids , mais si un de ces poids tombent, elle se déstabilise et vibre. L’atome c’est pareil – sauf qu’au lieu de rajouter des poids pour compenser, elle perds le poids en trop.
Imaginez donc votre morceau de sucre – mais qui vous bombarde aléatoirement des grains de sucre qui s’échappent plus ou moins rapidement et en plus ou moins grande quantité de sa surface !
La vitesse et la de perte de ces particules ainsi que la quantité de particules éjectés à un moment donné va définir l’intensité de la radioactivité.
Quels sont les dégats provoqués ?
Les dangers sont provoqués par le fait que ces petites particules éjectées interagissent avec le corps humain, en endommageant l’ADN, et donc en déregulant le fonctionnement normal des cellules quand ces particules, des véritables balles de l’infiiniement petit, ont le malheur de toucher un bout de cellule.
Attention : Ces particules sont tellement petites qu’elles peuvent bien traverser votre corps sans toucher quoi que ce soit !
Les types de rayonnement
La dangerosité est donc provoqué par ces particules qui s’éjectent : on parle alors de rayonnement, et plus spécifiquement de rayonnement alpha, bêta et gamma. L’alpha est la moins puissante.
Une particule alpha est stoppé par la peau ou une feuille de papier – mais c’est dangereux si on l’ingère en mangeant ou respirant quelque chose de contaminée.
Une particule bêta est plus costaud : une feuille de papier alu ou des vêtements épaissent sont nécessaires pour les arrêter.
Les le rayonnement gamma (cette radiation n’est pas en fait des particules mais une onde, comme une onde radio mais des milliers de fois plus puissante) sont les plus difficiles à stopper et nécessitent des épaisseurs d’un produit lourd comme le plomb ou le béton.
La dangerosité primaire vient donc de ces 3 type de rayonnement et les dégats qu’ils causent au corps.
Et les comprimés d’iode dans tout ça ?
Pourquoi donc on fait tout un battage sur les comprimés d’iode lors des accidents nucléaires ?
Tout produit peut être naturellement radioactif : il n’y a pas que l’uranium ou le plutonium. L’iode, souvent utilisé pour nettoyer des plaies, dispose aussi d’une version radioactive (ou isotope) . Idem pour le calcium dans nos os. Rassurez vous, le plupart de ces composés radioactives n’existent plus dans la nature et ne proviennent aujourd’hui que des accidents ou explosions nucléaires. Les isotopes qui ne sont pas radioactives sont stables.
Le problème vient quand le corps, qui a besoin de ces composés stables se retrouve en présence de la version instable, radioactive. La thyroïde absorbe volontiers l’iode naturellement, et au niveau chimique, elle ne fait pas la différence entre l’iode stable et instable. Idem pour le calcium et tous les autres produits chimiques dont le corps a besoin.
Le corps absorbe donc ces isotopes – qui fonctionnent tout comme leurs versions normales – , mais avec une mauvaise surprise : la radioactivité en prime. Le corps concentre donc certains composés à des endroits spécifiques – et ça concentre en même temps la radioactivité. Pour reprendre une phrase : quand il y en a une particule, ça va, c’est quand il y a beaucoup qu’il y a des problèmes.
Connaissant l’affinité du thryroïde pour l’iode, suite à un accident qui touche un zone, les autorités distribuent des comprimés d’iode stable – non radioactif - pour que cet organe soit saturée et si par hasard de l’iode radioactive se trouve dans les parages, la thyroïde n’aura pas envie de le stocker…
Les comprimés d’iode ne protégent que la thyroïde , une organe importante dans la régulation cardiaque et le contrôle du poids, mais c’est tout… Il ne progégera pas vos organes reproducteurs, également friands d’iode, ni vos reins qui s’occuperont à élimier les produits par les urines…. et ne vous protégera pas non plus d’un rayonnement extérieur du corps !
Histoire de demi-vie
J’ai dit plus haut que certains isotopes ne se trouvent plus dans la nature, mais que suite à des accidents ou explosions nucléaires. En effet, les composés radioactifs se désagrégent plus ou moins rapidement pour se stabiliser. On parle alors d’une « demi-vie » d’un isotope : C’est le temps nécessaire pour perdre 50% de sa radioactivité. Pour l’isotope d’iode issue de l’accident de Fukushima, (l’iode 131), le demi-vie c’est un peu plus de 8 jours : Tous les 8 jours sa radioactivité se réduit de moitié :
- Jour j : 100% d’intensité
- J+8 : 50%
- J+16 : 25%
- J+24 : 12,5%
- …
- J+128 : 1,25%
Il y a un tas d’autres istopes avec des demi-vies ridiculeusement courtes à des demies vies ridiculeusement longues :
- L’Azote 16 : 4 secondes
- Fer 45 : 0,045 secondes
- Uranium 221 : 0,00001 secondes
- Uranium 233 : 159200 années
- Uranium 238 : 70400000 années
Les demi-vies vont donc du nano-seconde aux millards d’années !
Pour mettre en perspective
J’effectue mes mesures de radioactivité en micro-sieverts/heure (µSv/h). A chambourcy, le niveau de fond se trouve entre 0,9 et 0,13 micro-sieverts, c’est à dire vraiment pas grand chose !
- Une clope fumée : 1 µSv/h
- Un radio des poumons : 300 µSv/h
- Mesures autour du central de Fukushima le 16/03/2011 : 247000 µSv/h
Un petit rappel d’échelle :
Le Sievert (Sv) est une mesure d’exposition que j’utilise dans ce texte. Toutes les mesures que je relève sont en µSv (micro-Sievert : le µ = micro). Dans les textes que j’ai trouvé, on parle des doses en milli-Sieverts et en Sieverts. J’ai converti le tout en micro-sieverts pour pouvoir comparer du comparable.
Pour rappel donc :
- 1 Sievert = 1000 milli-Sieverts
- 1 milli-Sieverts = 1000 micro-Sievert
- 1 Sievert = 1 000 000 micro-Sieverts
Les limites d’exposition
En France, il y a 2 limites d’exposition : Les limites publiques et les limites des travailleurs exposés.
Les limites des travailleurs exposés sous-entends une mesure d’exposition, car dans leur travail, ils peuvent être exposés à des doses de radiations articfieielles, par exemple en medecine nucléaire (radios, radiothérapie…), les travailleurs du nucléaire, mais aussi les travailleurs dans le traitment de la nourriture qui utilisent des stérilisateurs à rayons gamma.
Le public, c’est tous les autres !
Les limites sont donc :
- 1000 µSv/An pour le publique non-exposé (soit en moyenne : 2,7 µSv/jour et 0,11 µSv/heure)
- 20 000 µSv/An pour les travailleurs exposés (soit en moyenne 54,8 µSv/jour et 2,3 µSv/heure)
A partir de ces limites selon le cas où l’on se trouve, il faut éviter toute exposition supplémentaire
Source de ces limites : L’institut National de Recherche Scientifique
http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/Dossier%20Radioprotection/$File/Visu.html
Symptômes après une irradiation cumulée sur 1 journée
Il y a des limites puis il y a ce qui se passe lors d’un accident. Ces chiffres concernent une irradiation sur 24 heures, donc à comparer avec les limites d’exposition ci-dessus par période moyenne de 24 heures : 2.7 ou 54.8 µSv :
- 0 – 250 000 µSv : Aucune incidence sur la santé
- 250 000 – 1 000 000 µSv : Nausées, perte d’appédit, dégats à la moelle osseuse et la rate
- 1 000 000 – 3 000 000 µSv : Nausée moyen à sévère, perte d’appétit, infections, dégats plus sévères à la moelle osseuse et la rate, Récupération possible mais pas assuré
- 3 000 000 – 6 000 000 µSv : Nausées sévères, perte d’appétit, infection, diarée, peau qui pèle, stérilité, la mort s’en suit sans soins
- 6 000 000 – 10 000 000 µSv : Tous les symptomes dessus, plus une dégradation du système nerveux, suivi généralement par la mort de la personne
- > 10 000 000 : Incapacitation suivi par la mort
On peut donc constater que la limite d’exposition légale pour les travailleurs les plus exposés est tout de même plus de 4500 fois inférieur au seuil d’apparition des symptômes d’une faible empoisonnement aux radiations, et presque 110 000 fois plus faible d’une dose potentiellement mortelle ( 6 Sv) !
Source de ces symptomes : L’institut national de la santé et services humaines des Etats Unis
http://www.niehs.nih.gov/health/docs/energy-good-bad.pdf
Voir ici pour consulter les relevés de radioactivité à Chambourcy



























